Haaretz
August 15, 2025
The Most Dangerous Settlement
The state [of Israel] is expected to finally approve next week the construction plans in the E1 area, which will split the West Bank in two and sever the connection between its north and south. After years in which the plans were delayed due to international pressure, the government will approve projects with dramatic and irreversible consequences for the future of the territory occupied by Israel.
Yesterday, Hagar Sheizaf and Jacky Khoury reported in Haaretz that the Supreme Planning Council of the Civil Administration, which is subordinate to Bezalel Smotrich and his staff, has already discussed the construction of 3,412 apartments in E1. These apartments will be a death sentence for the chances of establishing a viable Palestinian state ever. These are the last land reserves in the heart of the West Bank, and taking control of them would suffocate the three Palestinian cities in its center — Ramallah, East Jerusalem and Bethlehem — where about a million Palestinians live.
It is not for nothing that yesterday the Minister of Finance, the father of the current plan, declared: « This reality finally buries the idea of a Palestinian state, because there is nothing to recognize. » Smotrich has never been more correct in his prediction. With E1 built for the settlers, the summer put an end to the chances of establishing a Palestinian state.
While the vast majority of the world’s countries, which have grown even more in recent weeks, believe in the two-state solution and recognize a Palestinian state, the Israeli government has come and spat in its face. If the world lacked reasons to turn Israel into an outcast, hated and devastated state, the E1 plan comes along and provides it with another convincing reason.
The decision to build this fateful settlement must be viewed in its broader context. For Smotrich and his associates, this is not enough to satisfy their real estate appetite, and they are also working toward the official annexation of the West Bank to Israeli territory, or at the very least of Area C. At the same time, the new facts being established on the ground are decisive, and their purpose is to push the Palestinians out of Area C, with the vision of one day expelling them entirely from the whole of the West Bank.
For the initiators of the plan, all means are permissible, and the state legitimizes and enables them all: daily pogroms, violent assaults, the killing of farmers and the burning of property by settlers; the transformation of the West Bank into hundreds of separated enclaves with iron gates at the entrance of every village and town, which the army can shut at any moment — and indeed does; a system of hundreds of permanent checkpoints and surprise roadblocks; and the establishment of dozens of violent settler farms since the war in Gaza, whose hallmark is the vast areas of land that settlers seize after setting them up, supposedly to serve as pasture for their livestock.
This is how the establishment of a Palestinian state is prevented, and this is how the foundations are laid for large-scale transfer in the West Bank.

Haaretz
15 août 2025
La colonie la plus dangereuse
L’État [d’Israël] devrait approuver définitivement la semaine prochaine les plans de construction dans la zone E1, qui couperont la Cisjordanie en deux et rompront la liaison entre le nord et le sud. Après des années de reports dus à la pression internationale, le gouvernement approuvera des projets aux conséquences dramatiques et irréversibles pour l’avenir du territoire occupé par Israël.
Hier, Hagar Sheizaf et Jacky Khoury ont rapporté dans Haaretz que le Conseil suprême de planification de l’administration civile, qui est subordonné à Bezalel Smotrich et à son équipe, a déjà discuté de la construction de 3 412 appartements à E1. Ces appartements seront une condamnation à mort pour les chances d’établir un État palestinien viable. Ce sont les dernières réserves de terres au cœur de la Cisjordanie, et en prendre le contrôle étoufferait les trois villes palestiniennes de son centre – Ramallah, Jérusalem-Est et Bethléem – où vivent environ un million de Palestiniens.
Ce n’est pas pour rien qu’hier le ministre des Finances, le père du plan actuel, a déclaré : « Cette réalité enterre finalement l’idée d’un État palestinien, car il n’y a rien à reconnaître. » Smotrich n’a jamais été aussi correct dans sa prédiction. Avec E1 construit pour les colons, l’été a mis fin aux chances d’établir un État palestinien.
Alors que la grande majorité des pays du monde, qui se sont encore développés ces dernières semaines, croient en la solution à deux États et reconnaissent un État palestinien, le gouvernement israélien est venu lui cracher au visage. Si le monde n’avait pas de raisons de transformer Israël en un État paria, haï et dévasté, le plan E1 arrive et lui fournit une autre raison convaincante.
La décision de construire cette colonie fatidique doit être envisagée dans son contexte plus large. Pour Smotrich et ses associés, cela ne suffit pas à satisfaire leur appétit immobilier, et ils œuvrent également à l’annexion officielle de la Cisjordanie au territoire israélien, ou du moins de la zone C. Dans le même temps, les nouveaux faits établis sur le terrain sont décisifs, et leur objectif est de repousser les Palestiniens hors de la zone C, avec pour vision de les expulser un jour totalement de l’ensemble de la Cisjordanie.
Pour les initiateurs du projet, tous les moyens sont permis, et l’État blanchit et autorise chacun d’eux : pogroms quotidiens, agressions violentes, meurtres de paysans et incendies de biens commis par les colons ; transformation de la Cisjordanie en centaines d’enclaves séparées, avec des portes de fer à l’entrée de chaque village et ville, que l’armée peut fermer à tout moment — et qu’elle ferme effectivement ; un système de centaines de checkpoints permanents et de barrages volants sur les routes ; et la création de dizaines de fermes de colons violentes depuis la guerre à Gaza, dont la particularité est les vastes étendues que les colons s’approprient après leur installation, censées servir prétendument de pâturages pour leur bétail.
C’est ainsi que l’on empêche la création d’un État palestinien et que l’on jette les bases d’un transfert à grande échelle en Cisjordanie.

